Lutherische Kirchenmission

Bleckmarer Mission

Pädagoge auf Zeit

Gottes Wort erklingt in vielen Sprachen, auch im Bereich der Bleckmarer Missionsarbeit. Um das anschaulich zu machen, gibt es „Beim Wort genommen“ seit Nr. 3/2015 in Missionsblatt auf Deutsch, hier auf der Webseite in einer anderen Sprache. Diesmal auf Französisch, von Pfarrer i.R. Jean Thiébaut Haessig (Weinbourg/Frankreich)

Ainsi la loi a été comme un pédagugue pour nous conduire à Christ, afin que nous soyons justifiés par la foi. Gal 3.24

L’apôtre Paul s‘adresse à des chrétiens d’origine juive tentés de réintroduire des lois de l’Ancien Testament. La nostalgie des temps anciens, des habitudes passées, les tenaille. Ils n’ont pas compris que le rôle de ces lois a pris fin avec l’accomplissement de « la promesse » (3.19), avec l’arrivée du Messie (3.24-25). Ils n’avaient pas saisi le caractère temporaire, transitoire, passager et préparatoire de la loi.

D’ailleurs, la promesse – l’Évangile du Messie sauveur – donnée à Abraham est antérieure de plusieurs siècles à la loi mosaïque. Le rôle de la loi était d’accompagner comme un « pédagogue » ou « guide » (3.24-25) les enfants d’Israël « jusqu’au moment fixé par le père » (4.2), « jusqu’à ce que les temps » de la maturité « soient accomplis » avec la venue libératrice du Messie sauveur (4.4-5).

Insensés, « Galates sans intelligence » (3.1) les taxe-t-il, vous n’avez rien compris, vous passez à côté de l’essentiel, vous ne vivez pas « la liberté que nous avons en Jésus-Christ » (2.4) !

Frères et sœurs en Jésus-Christ, main sur le cœur ! Ne nous reconnaissons-nous pas parfois dans ceux que Paul rabroue ici sans ménagement ? Comme les autres, cette lettre a aussi été « écrite pour notre instruction » (Rm 15.4), pour nous faire prendre conscience de certains de nos égarements et pour nous amener à nous recadrer, à redécouvrir le lumineux pouvoir libérateur de Jésus-Christ et de son Évangile.

Ne nous accrochons-nous pas parfois – comme si notre salut en dépendait ! – à des habitudes qui nous viennent du passé (et qui avaient sans doute leur raison d’être à l’époque) mais qui contraignent et enserrent maintenant comme dans une camisole de force le pouvoir libérateur et épanouissant de l’Évangile ? Et comme cet article est destiné à la revue d’une œuvre missionnaire, ne sommes-nous pas parfois en danger de nous « ossifier », de nous arc-bouter sur des manières d’être et des façons de faire du passé qui freinent l’élan missionnaire et repoussent « ceux du dehors » (1Co 5.12) ?

L’Évangile à lui tout seul a déjà suffisamment le caractère renversant, le caractère de « ce que l’œil » de l’incroyant « n’a pas vu, que (son) oreille n’a pas entendu » (1Co 2.9) pour qu’on ne l’oblige pas en plus à se soumettre à des exigences inutiles, voire nuisibles.

Ailleurs, Paul écrit qu’il s’est fait « tout à tous » (1Co 9.22). Montrons avec joie à « ceux du dehors » ce que c’est qu’être enfant de Dieu par la foi, par pure grâce, que nous nous épanouissons dans l’habit de justice du Christ qui nous a été mis lors de notre Baptême (3.27), que nous savourons « la liberté que nous avons reçue en Jésus-Christ », que celle-ci nous permet de nous mettre à leur niveau pour leur montrer que le Seigneur veut les bénir pareillement.

Bien entendu, il ne s’agit pas de compromettre les enseignements de l’Évangile en dénaturant son message – Paul peut être très dur à l’encontre de ceux qui se détournent de la Parole de Dieu ! – ni de jeter par-dessus bord les traditions qui ont leur raison d’être et leur utilité. Mais il ne s’agit pas non plus d’imposer à ceux que l’Esprit saint a amenés à la maturité de la foi des règles et des lois qui n’ont plus aucune raison d’être. La fonction de « pédagogue » ou de « guide » prend fin à la maturité de l’élève qui lui a été confié (4.2-5). Maintenant « vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ » (3.26), fils majeurs et libres, « héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ ! » (Rm 8.17). Réjouissez-vous et comportez-vous comme tels !

Jean Thiébaut Haessig

Bild: Mose zerschmettert die Gesetzestafeln (Gemälde von Rembrandt, 1653) (Quelle: wikipedia)

 

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